Le congrès de l'ARVO (l'Association Américaine de Recherche en Vision et en Ophtalmologie) s'est tenu
a eu lieu comme les années précédentes à Fort Lauderdale du dimanche 27 avril au jeudi 1ier mai. Cette
réunion internationale permet de confronter nos connaissances fondamentales dans notre discipline,
d’apprécier les avancées réalisées dans les approches thérapeutiques, et de rencontrer des chercheurs du
monde entier pour échanger des idées et surtout établir de nouvelles collaborations. Sur tous ces points,
l'ARVO 2008 fut riche en nouveautés et contacts humains.
Une grande partie des communications est consacrée à la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) qui est
une cause majeure de cécité après 65 ans dans nos pays développés: De nombreux travaux sont rapportés sur le
rôle de l’épithélium pigmentaire rétinien dans le développement de la pathologie (altérations structurale et
fonctionnelle, composition de la lipofuscine, atteinte de la membrane de Bruch) sur la génétique des facteurs
de prédisposition (HTRA1, CFH, LOC387715, ADN mitochondrial), triple thérapie (anti-VEGF, photodynamique,
anti-inflammatoires).
Plusieurs innovations thérapeutiques ont été proposées pour restaurer la vision :
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1) l'approche dite du "photoswitches" a pour objectif de restaurer une photosensibilité à des rétines qui
ont perdu un grand nombre de leurs photorécepteurs à un stade avancé de la pathologie. Elle consiste à rendre
les neurones, les cellules bipolaires et ganglionnaires encore présents et bien organisés, photo-activables
pour qu'ils intègrent l'information visuelle en leur fournissant des gènes modifiés codant pour des canaux
ioniques de surface avec une partie photosensible.
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2) la transplantation de l'épithélium pigmentaire rétinien dont l’efficacité théorique a été montrée depuis
plusieurs années pour préserver les photorécepteurs dans le cas de maladies monogéniques avec une atrophie
de l'épithélium et de la dégénérescence maculaire liée à l'âge. Cependant, elle n'a pas encore réalisable en
pratique parce qu’il est difficile d’obtenir un bon recouvrement de la membrane de Bruch avec l’épithélium
pigmentaire greffé. Néanmoins, de nombreux espoirs reposent sur l'obtention de cellules épithéliales à partir
de cellules souches et l'amélioration permanente des conditions de culture de ces cellules.
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3) la thérapie cellulaire utilisant des cellules souches ou progénitrices pourrait concerner d’autres
pathologies dégénératives de la rétine (choroidérémie, ADM).
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4) l'utilisation de nouvelles molécules pouvant réduire le taux circulant de rétinol et ainsi ralentir
l'accumulation de lipofuscine dans l'épithélium pigmentaire chez les patients atteints de la maladie de
Stargardt ou chez les sujets sains après 65 ans. Parmi ces molécules, on trouve des dérivés de la vitamine
A (rétinoïdes) telle que la fenretinide qui a été récemment expérimentée dans des modèles de souris de la
maladie de Stargardt.
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5) La thérapie génique de la souris à l'homme fut sans commune mesure un des centres majeurs d’intérêt.
L’éthique de la thérapie génique oculaire humaine fut discutée en termes de validité des essais précliniques
réalisés sur des modèles animaux, de prise de risque pour les patients, et des atouts de la rétine comme
cible. Les premiers résultats des essais cliniques de thérapie génique RPE65 pour prévenir la dégénérescence
des photorécepteurs dans l’amaurose congénitale de Leber, ont été réalisés par deux consortiums américains et
anglais sur des patients de 17 à 26 ans. Ces travaux font état d’une amélioration de l’acuité visuelle chez
certains patients traités sur un œil qui se manifeste après quelques semaines par une plus grande mobilité
et une lecture sur plus de trois lignes. Aucun effet secondaire adverse n’est observé chez ces patients avec
un recul d’un an pour l’étude britannique. Comme le bénéfice de la thérapie n’était pas maximal chez ces
patients dont la rétine est fortement endommagée, les prochains patients seront traités plus jeunes.
Des nouvelles données concernant le cycle visuel, indispensable à la vision continue puisqu'il permet de
régénérer nos pigments visuels, ont apporté entre autre la preuve de l'importance de la protéine IRBP, la
molécule de transport de la vitamine A et du chromophore visuel entre les photorécepteurs et l'épithélium
pigmentaire:
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1) dans un modèle de souris dépourvues du gène qui montrent une perte fonctionnelle de l'activité électrique
des cônes et une dégénérescence progressive de ces photorécepteurs,
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2) la découverte par Den Hollander et ses collaborateurs d'une mutation faux sens (Asp1080Asn) homozygote
dans une famille consanguine atteinte d'une rétinite pigmentaire autosomique récessive.
Sur le plan génétique enfin, plusieurs gènes nouveaux responsables de rétinite pigmentaire ont été
découverts. Il s’agit notamment du gène sur le locus RP25 (dont nous étudions deux familles à Montpellier)
par une équipe anglaise, et d’un autre gène codant une protéine mitochondriale.
L’ensemble de ces travaux montre bien que les progrès réalisés au quotidien en ophtalmologie dans la
recherche fondamentale et la clinique sont complémentaires et ont un seul but commun: guérir. Aujourd’hui,
la thérapie génique RPE65 est un exemple parfait qui donne beaucoup d’espoir à chacun.
Merci au Docteur Hamel pour ses recherches et ses écrits.
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